Actualités du Rugby  
- RUGBYTORIAL -
Indispensable commentaire hebdomadaire de RugbyLegende.com! Un décryptage de l'actualité du Rugby

- Le Rugby Mondial -
Les mystères du rugby depuis ses origines et toute son histoire et ses histoires

- L'Equipe de France -
Un bilan exhaustif du XV de France des matchs aux sélections en passant par toutes ses anecdotes

- Les Compétitions -
Les coulisses et les résultats des grandes compétitions

- Les Stades -
Les secrets des célèbres arènes modernes

- L'Arbitrage-
Honni ou adulé, mais jamais indifférent

- Le Championnat de France -
Toutes vos équipes au rythme de vos préférences

- Humours, Pensées et Humeurs -
Ces citations historiques sont essentielles pour parler "rugby"

- Rugbytorial -
Chaque semaine sur RugbyLegende.com !

-

 

PRESENTATION > ARCHIVES > ARCHIVES BILLET D'HUMEUR

ARCHIVES BILLET D'HUMEUR

Selon l'humeur du temps

22/03/2010

 Quand ça change, ça change ! 

Ainsi parlait Jean, le majordome des " Tontons flingueurs ", en " homme " qui sent venir la " béchamel infernale ", tirant d'une boîte à biscuits son " soufflant ", pour recevoir dignement les Volfoni brothers. 

Semblablement, des deux côtés de la Manche, ou du Channel, comme on voudra, on a  sans doute tiré des vidéothèques l'anthologie des confrontations avec ceux-d'en-face dans la perspective de la rencontre de ce samedi.  

Côté doulce France, on s'adjoignit même le mage Onesta, auréolé de ses récentes et formidables réussites en gestion de groupe.

Avec tout ça, on allait voir ce qu'on allait voir ! 

Et on vit...ces bons anglois planter à des Français mystifiés tel des britiches de naguère un essai façon " ze French flair ", puis manquer d'un rien un second de même facture dans les minutes qui suivirent, le tout sous une météo " made in England ", sortie toute mouillée des bagages des visiteurs du soir. 

Comment donc expliquer que ces bonnes gens retournèrent en leur île avec un score à leur désavantage, et, circonstance parfaitement inhabituelle, acquis par la seule botte de ces Français décidément imprévisibles ? 

C'est que -surprise ! surprise !- le corps arbitral, importé des antipodes pour l'occasion, avait manifestement décidé que les mêmes règles s'appliqueraient sans distinction à tous les protagonistes. Ce bon Martin Johnson en fut tellement retourné que, nous dirent les reporters de service, il dut, à la mi-temps, se faire expliquer les règles par le ref'!  

Quant aux chevaliers à la rose, dont l'ineffable Thompson, ils usèrent avec un total insuccès les vieilles ficelles de la provoc' et autres pratiques de l'anti-jeu ordinaire ! 

C'est encore que - surprise ! surprise !- nos favoris enfilèrent le bleu dit " de chauffe ", celui des soutiers ou du mécano allant au charbon du temps de la vapeur, cisaillant par-ci, grattant par-là, sans relâche, conservant à tout instant une maîtrise quasi parfaite de l'adversaire et de l'adversité, et, avant tout, d'eux-mêmes ! On les vit même, au pied de leurs propres perches, subtiliser la vessie et renvoyer chez eux les visiteurs, au terme de séquences qui se seraient naguère conclues au mieux par trois points de pénalité en notre défaveur ! 

On attendait Azincourt, ce fut Verdun ! " On ne passe pas ! " Et le public, bandas comprises, de se fendre  de deux Marseillaises en sus de l'officielle !

Ils la voulaient, tous, cette victoire, et le " Grand slam " qui va avec, joueurs et encadrements de tous ordres. Ils y mirent tout ce qu'il y fallait de volonté et d'abnégation, et ils en furent justement récompensés ! 

En reconnaissance de leurs efforts, de leur application et des progrès constatés, bravo et merci à tous !

Merci d'avoir saisi l'occasion qui vous fut offerte de battre nos ennemis préférés, qui plus est à leur propre jeu. Vu la rareté du fait, " ça fait du bien par où ça passe " comme disait le poète! 

Persévérez dans vos efforts pour la maîtrise et la rigueur, mais si d'aventure, la météo, le jeu ou l'air du temps s'y prêtent, n'hésitez pas à nous gratifier d'une petite " croisée ", d'une de ces " biscouettes " malicieuses de potache qui se rient des anglo-saxons et les laissent baba. 

A défaut, ce sport qui nous fait encore vibrer dépérirait d'un solide ennui, nourri aux mamelles du formatage et du pilonnage. Nous serions alors, comme feu Ferrat, fondés à nous interroger sur la victoire de ce jour : 

Faut-il pleurer, faut-il en rire,
Fait-elle envie ou bien pitié?

 
Clément La Forge

Selon l'humeur du temps

07/04/2010

Dès que le printemps revient

Malgré la résiliation en bonne et due forme de mon abonnement, une chaîne câblée en maintient inexplicablement le service. Juste contrepartie, peut-être, des protestations répétées de mon ministre de l’intérieur à l’encontre d’un service sans rapport avec les promesses affichées ? 

Quoi qu’il en soit, ce samedi dernier après-midi, ayant constaté la persistance de cette anomalie, je m’avisai qu’on donnait Stade Français contre Clermont. 

Le retour annoncé du printemps, se liguant avec ma curiosité sur l’état des deux phalanges en présence a vaincu mes réticences à la perspective d’une énième séance d’empilages et de petits tas à quoi se résume trop souvent le rugby qui nous est infligé. 

Eh bien, ces deux conspirateurs avaient raison, et nous n’eûmes rien de tout cela !
Quatre essais, du mouvement, des rebondissements, j’en redemande ! 

Ci-après quelques réflexions, dans un ordre totalement arbitraire sur des sujets à suivre : 

1/ Pas de problèmes, au demeurant sur les mêlées. La seule présence de Mr Rolland, arbitre irlandais bien connu, fut-elle apaisante ? J’espère que les échanges internationaux dans le domaine de l’arbitrage se poursuivront. Ne pas hésiter à user sans modération de toutes nos richesses culinaires pour attirer ces bonnes personnes.
D’outre-Manche ou des antipodes, elles ne demandent qu’à venir en tâter, prêtes à éduquer, en contrepartie, les indisciplinés Gaulois que nous restons, contre vents, uniformisation et mondialisation ! 

2/ Le commentateur professionnel ne manquera pas, sans la minimiser, d’observer que la victoire des Parisiens dut peut-être à la réserve -toute relative- imposée aux Auvergnats par les échéances européennes proches. Il est clair, cependant, que le Stade Français paraît heureusement s’être refait la cerise, au mental et au physique.
Puissent les politiques réserver à ce club et à son Président, pour l’ensemble de leur œuvre, autre chose que les avanies dont ils gratifient leurs divers projets et qui présentent parfois, à tort je l’espère, les apparences d’un sabotage organisé.  

3/ Le jeune Bastareaud, justement remis en confiance, poursuit sa progression, aussi bien comme défenseur –Monsieur Ledesma soi-même en fut tout proprement retourné à deux reprises- que comme attaquant. Il ne déparerait pas une ligne de trois-quarts ou une troisième ligne Fidjienne, et sauf erreur, il recèle une bonne marge de progression. 

A suivre…


Clément La Forge

Selon l'humeur du temps

19/05/2010

Dur, Dur !

Je ne le cacherai pas : le retour d’Agen -du SUA L&G, pardon !- me réjouit, autant que m’avait navré sa descente en Pro D2, à la veille de la saison du centenaire, surcroît de cruauté !

(Qu’on ne se méprenne pas, je n’ai pas la tristesse sélective, et m’ont attristé de même les disparitions successives des Lourdes, Narbonne, Béziers, et autres, qui enchantèrent une enfance naïve, admiratrice…et –honte !- non pratiquante, du rugby !)

Une fois effectués les choix et révisions, difficiles, déchirants, qu’imposait la situation, c’est en équipe, sur et hors des terrains : joueurs, cadres, dirigeants, public, qu’a été menée l’opération « remontée », en trois saisons de patience et de ténacité.

Il est plus salutaire qu’on ne le pense d’enfoncer les portes ouvertes, donc, enfonçons : il s’agit d’une œuvre collective, et c’est dans le collectif que se trouve la pérennité.

Quels objectifs pour le SUA nouveau ?

Soyons réaliste : un budget prévisionnel de l’ordre de 9 millions d’euros place le club tout à la fin du Top 14 version 2009/2010 et pour 9 millions, on n'a plus grand-chose !

Pas de mécène en vue, à la toulonnaise ou à la parisienne, et, côté fonds publics, les seules perspectives sont, au mieux, à la stagnation.

En revanche, les résultats de ce même Top 14, ceux issus du terrain, ceux qui comptent, à la fin de la foire, montrent que le budget n’est pas –pour combien de temps encore ?- la mesure de toute chose.

Alors ? Pour reprendre le refrain que nous servait chaque année le vieux rusé d’entraîneur d’une équipe qui fait dans le ballon sphérique -des bleus et blancs, aussi !- « on va jouer le maintien ! »

Ce sera en effet une belle réussite, dans un premier temps, de maintenir dignement le nom d’Agen dans le Gotha, avant d’aller en taquiner le haut !

Certes, au pays des gros, des boulimiques, des récriminateurs, des victimes de complots, ça va être « Dur ! Dur ! ».

Mais, à chaque saison suffit sa peine !

Avec un public, fidèle lors de la traversée du désert -l’une des assistances les plus fournies et les plus régulières de Pro D2- garnissant plus copieusement  encore les tribunes d’Armandie (en même temps que les caisses !), plus les fulgurances de ses artistes confirmés ou recrutés et les promesses des minos, je suis confiant qu’Agen fera encore vibrer.

Rendez-vous en août pour le début des réjouissances !

A suivre…


Clément La Forge

Selon l'humeur du temps

01/12/2010

L'Etrange défaite*

 Pas inattendue, certes, cette défaite, au regard des deux précédentes prestations de nos bleus, mais étrange, indéniablement. Etrange par le total de l’addition, qui eût pu s’augmenter des 3 points d’une pénalité réalisable par le bourreau Aussie à la hache encore mal affûtée au moment de la tentative. Etrange, peut-être, à la réflexion, si l’on considère le qualificatif « imprévisible » (« unpredictable ») dont l’anglo-saxon gratifie volontiers le « frenchie ». 

Les bons jours -pour nous, s’entend- l’anglo-saxon parlera de « French flair ». Les jours mauvais -toujours pour nous- il dira : « good game ». Mais que dire en ce samedi, qui fut un jour très mauvais, plus « unpredictable » que les autres ? Le « good game » ordinaire sous-entend qu’on reconnaît à l’adversaire qu’il a existé. Nous fûmes, en l’espèce, loin du compte. Plus français que français, plus français que nature ?  

« C’était de la bouillie, voilà ! » aurait probablement explosé De Funes.  

Quelles raisons à cette étrange défaite, mélange de capitulation en rase campagne et de Bérézina ? A Waterloo, au moins, on s’était exprimés…mal, mais on s’était exprimés ! Serait-ce, l’issue étant connue à l’ouverture de l’acte II de la tragédie, que, faute de mieux, nos garçons auraient estimé que la sagesse était de persévérer dans la répétition stérile du rentre-dedans, petits tas, « pick-and-go » et autres ennuyeuses mignardises ? 

Où était l’imagination, celle qui, « French flair » et imprévisibilité obligent, nous sauva si souvent la mise ? 

Frigorifiée, peut-être la malheureuse avait-elle choisi de rester au vestiaire, à moins que -horresco referens- elle n’ait été chassée du pouvoir par les vidéo, statistiques, et psy de toute farine ? Peut-être encore estimèrent-ils, ces bleus, qu’il serait prudent de réserver leurs énergies à leurs employeurs, qui font bouillir la marmite, à leurs entraîneurs, qui se lamentent en toute saison de la sélection de leurs ouailles en équipe nationale, le tout dans la perspective des joutes à suivre : Top 14, Coupes Européennes, Tournoi ? 

En attendant d’en connaître les raisons, car tout finit par se savoir, quels enseignements tirer de cette étrange défaite, à un an de la Coupe du Monde ? 

Notre histoire abonde en illustrations d’un mal mystérieux : notre propension à être en retard d’une guerre. Entre autres nombreux exemples, le plus fameux, parce que le plus récent : juin 1940. Le constat s’énonce en gros comme suit : manque pas un bouton de guêtre, m’n adjudant…et nos braves troufions de voir arriver sur eux, ou par leurs arrières, c’est selon, des blindés qui ont eu l’outrecuidance d’être passés par là où on ne les attendait pas. Ne serions-nous pas nous aussi, gens de rugby, une fois encore « en retard d’une guerre » ? 

« So what ? » s’interrogeait ce matin encore ma concierge. 

Je lui ai répondu que, selon moi, nous vivons au pays du moteur à explosion : incapable de progresser dans la continuité de l’effort ou de la négociation, rien de grand ne s’y est fait, ne s’y fait et ne s’y fera que par à-coups, de violence variable selon l’époque et le sujet. J’ai  poursuivi en disant que le  coup de pied au c… de ce samedi pourrait devenir une de ces salutaires leçons que l’histoire nous administre, et enfin, que je suis bien près de parier que nous montrerons à la prochaine Coupe du Monde une toute autre figure qu’en cette soirée glacée et glaçante.

Il y faudra toutefois une condition, et d’importance : que nous n’allions pas mettre à mal tout le travail, réel et non négligeable, effectué au niveau du XV de France, en nous adonnant à un autre de nos exercices favoris : la recherche des coupables avec punition des innocents.

A suivre…

Clément La Forge
*Titre de l’édifiant récit, écrit en 1940 par Marc Bloch, grand historien français, de son expérience, sur le terrain, de la bataille de France en juin 1940. Se trouve en collection de poche, dans toutes les bonnes librairies.

Selon l'humeur du temps

12/01/2011

Plaisirs d'hiver

 Cédant à leurs affectueuses sollicitations, j’accompagnai des proches au Stade de France, où l’on donnait «  SF vs ST » de FFR & LNR. 

Accédant au Temple pour la première fois, tout dans ce lieu figea mes proches : sa beauté, ses proportions, ses dimensions, et ses courants d’air. Une fois franchis contrôles aux palpations pas très palpitantes, nous pénétrâmes dans le Saint des Saints. Succédant aux exclamations, toujours admiratives, de mes proches, pétaradèrent bientôt des engins à moteur, cascadant, qui sur une roue qui sur quatre.  

Suivit une procession mêlant chameaux, bœufs, dromadaires, yaks, rois mages (de saison), romains et j’en oublie. La Cléopâtre en était aussi, dont le froid rabougrissait probablement le nez. On déroula sur la pelouse un tapis rose, sur lequel un char conduisit au centre une grande étoile. En sortit une créature toute d’or dévêtue, portant l’offrande d’un objet ovoïde, qu’elle déposa avec dévotion au centre du pré. 

L’objet fut ensuite disputé par deux équipes de quinze joueurs et leurs remplaçants, en deux actes de quarante minutes chacun. A l’entracte, une équipe de jeunes femmes court-vêtues vinrent se réchauffer en dansant sur le pré. Des jockeys, vus à la télé, exécutèrent une danse rituelle à la gloire de la race chevaline et de son encouragement. 

Pour permettre au spectateur de bien comprendre la pièce, on en projetait chaque scène cruciale sur de grands écrans disposés à chaque extrémité du lieu, tandis que les acteurs, tout à leur affaire, avaient déjà enchaîné sur la séquence suivante. 

En temps opportun, les écrans rappelaient à l’assemblée qu’on doit respecter le buteur adverse.

Pris d’enthousiasme, quelques fidèles se levèrent tout à coup de leur siège en levant les bras. Gagnant de proche en proche, l’euphorie s’enfla en une vague qui emporta par trois fois les presque soixante et seize mille que nous étions. 

Enfin, SF ayant terrassé ST, pour fêter ce beau succès et l’encouragement de la race chevaline, nous fûmes gratifiés, toutes lumières éteintes, d’un feu d’artifice qui nous laissa pantois.

Gais et contents, nous regagnâmes nos logis gratis, la RATP nous ayant ouvert tout grand ses portillons.  

Spectacle 2-Dimanche soir  

Toujours cédant à ses affectueuses sollicitations, j’accompagnai un proche au Stade Yves Du Manoir, où l’on donnait « RCF vs RCT », des mêmes FFR & LNR. 

Dans une obscurité propice aux entorses, nous parcourûmes les quelques hectomètres séparant le stade de l’emplacement improbable où nous avions laissé notre véhicule. Guidés par l’éclat de projecteurs en grappe, nous abordâmes aux caisses, puis, sans palpation, aux places que nous avions acquises.  

Surprise : pas de moteurs, pas de chevaux, pas de camélidés, pas de Cléo, pas de filles à pompons, pas de jockeys, pas d’écrans. Une petite troupe de pirates de la Rade, échouée dans les brumes du Nôôrd, exécuta un certain «  Pilou-Pilou », puis les deux parties s’en donnèrent à corps joie, sans retenue, sans gestes mauvais, sans temps mort.  

On le vit, qui l’eût cru, Monsieur Wilkinson, insuffisamment échauffé sans doute, manquer deux pénalités toutes faites. Monsieur Chabal, lui, nous gratifia d’un coup de pied à suivre que n’eût pas désavoué un honnête attaquant. 

Chaque camp eut sa mi-temps, RCF, le moins fatigué des deux, l’emportant d’un drop, à l’issue de corps à corps et de mêlées chaque fois plus fumants. Sans feu d’artifice, dans la froidure devenue plus supportable, et dans la même obscurité où l’entorse paraissait moins certaine, nous retournâmes à notre véhicule, puis à nos logis. 

Mondialisation et « phynance » aidant, quels spectacles offrira le Top 14, ramené à 10 dans un nombre d’années qui pourraient bien se compter sur les doigts d’une main : celui de Samedi dernier ou celui de Dimanche ? 

Ma préférence, on l’aura compris, va à celui de Dimanche soir.  

En attendant la suite des événements, et puisque c’en est la saison, je présente mes vœux à ceux et celles qui auront bien voulu prendre le temps de me lire : Bonne année 2011, Bonne santé, Bon rugby…et le paradis à la fin de vos jours, comme on disait du temps où j’étais tout petit et où je croyais au Père Noël !


Clément La Forge

 

Selon l'humeur du temps

16/03/2011

 

Notre-Dame des courants d'air

 

Charléty, jusqu’à samedi dernier, du dehors: PUC, athlétisme, Jazy, " meeting " en mai ’68, silhouette plutôt élégante entrevue du " périph’ ". Depuis ma première comme spectateur, du dedans, ce sera dorénavant " Notre-Dame des courants d’air. "

"  Notre-Dame " pour les cloches –non, pas les spectateurs payants, non, mais celles qu’on sonne, sacrée  trouvaille made in Stade Français, à la fin de chaque mi-temps.
Pour les courants d’air, j’étais prévenu, mais contre la passion, comme chacun sait, la météo ne peut rien. Les vents coulis, donc, étaient au rendez-vous, agrémentés d’une courte averse, qui sentait encore son hiver. Pour la passion, en revanche, il faudra repasser !

Enjeu primant le jeu ? Lassitude ? Panne d’inspiration ? Manque d’envie ? Après 80 minutes de chandelles obscures, de mêlées à refaire, deux ou trois attaques dignes de ce nom, et quelques pilonnages, les visiteurs, qui pouvaient sans doute espérer mieux, repartirent avec le point de bonus défensif. Les locaux se retirèrent avec la victoire, qui ne change pas grand’ chose à leur sort, mais reste « bon pour le moral ».

Pas vraiment revigoré par deux bières, partagées avec mon compagnon de pénitence -très bien les verres gradués en plastique décorés SF !- je me promis de parfaire ma connaissance de la gestuelle de l’homme sémaphore qui dirige les acteurs car elle m'échappe parfois (aux joueurs aussi, en certaines circonstances ?)

Je dois, par ailleurs, m’ôter d’un doute persistant au sujet de l’entrée en mêlée, phase où je crois voir pointer chez certains directeurs de jeu comme un penchant pervers à prolonger la pause entre " stop " et " entrez ", de sorte qu’immanquablement, l’une des deux premières lignes se met à la faute.

Et voici que, passant devant trois écrans disposés pour la circonstance sous les présidentielles et devant lesquels se presse une foule frissonnante, nous nous arrêtons un temps pour voir où en sont " azzuri " et " bleus ", au moment précis, où, après 15 minutes de jeu, les Français marquent un essai. 5 à 3 ! Au regard des prestations précédentes des uns et des autres, nos craintes s'avivent, pour se confirmer lorsque nous regagnons nos pénates.

Je me souviens de mes joies de gamin, aux premières victoires de la France contre Boks, Blacks et autres Kiwis, au temps des affrontements " virils mais corrects ", à 15 contre 15, sans remplaçant, quant l'essai valait 3 points.  Je me suis donc tout spontanément réjoui pour les Italiens, de cette récompense de leurs années de labeur et de persévérance. L'appétit venant en mangeant, je leur souhaite de goûter bientôt aux joies ineffables d'autres succès. L'anglo-saxon est succulent !

Côté gaulois, depuis, et comme toujours, la révolution est en marche : haro sur le baudet ! Il faut virer ce pelé, ce galeux, cet incapable de sélectionneur ! Et puis ses assistants, ça va de soi ! Et puis, encore, dans la foulée, éjectons le président de la Fédé, éparpillons façon puzzle la dite Fédé, lieu de tous les arrangements, voire de toutes les compromissions et de toutes les incapacités… Et chacun d’y aller de son couplet : journalistes, amateurs, confrères en entraînement, experts, supporters, connaisseurs, nouveaux convertis -les plus virulents !- ministre. Le Président, celui de la République, occupé par les G 8, G 20 et autres conciles de saison, ne s’est pas encore prononcé, mais ne désespérons pas !

Lassitude ? Panne d’inspiration ? Manque d’envie ? Différend(s) sélectionneur/joueurs ? Disparition du « jeu à la française » ? Règlements de comptes ? Joueurs étrangers trop nombreux dans nos championnats nationaux ? Calendriers démentiels ? Chi lo sà ?

De Rome, justement, les cloches –encore !- nous rapporteront dans 5 semaines œufs, lapins, et autres symboles de vie et de fécondité. A condition de le vouloir, bien sûr, et sous réserve de ne pas se perdre en mauvaises querelles, on pourra peut-être y trouver les voies et les moyens de se ressaisir et de faire bonne figure à l’automne, dans l’hémisphère Sud. On en a vu d'autres, et des sévères n'est-ce pas ?

Alors, après le « French flair » la « furia francese » ? Ma, perché no ?

 


Clément La Forge

 

- Actualités - Le Rugby Mondial - L'Equipe de France - Les Compétitions - Les Stades -
- L'Arbitrage - Le Championnat de France - Humour, Pensées et Humeurs -

compteurcredit immobilier